LES MODES DE CONDUITE


La taille en Gobelet est encore très présente dans les vieilles vignes, pour les cépages dont le port est érigé tel que le Carignan, le Mourvèdre, voire le Grenache. Ce mode de taille traditionnel de la région permet d’obtenir une bonne surface foliaire exposée à la lumière pour les cépages qui s’y prêtent.



Les autres parcelles sont palissées, de manière à maintenir la végétation dressée et permettre ainsi une bonne exposition aux rayons du soleil et une aération de la végétation. Les palissages sont neufs soit refaits afin d’être suffisament haut et fournir une surface foliaire optimale à la vigne.



Le mode de taille utilisé est, soit le cordon bilatéral,

Illustration Vidéo par Dominique Boudet:
http://www.youtube.com/watch?v=R4uPJZ51EcY&feature=related



soit une taille maison entre un gobelet étalé et éventail pour les vignes récentes. Cette taille nous permet d'allier une aération et un espacement des grappes idéal avec les avantages du gobelet en terme d'évolution dans le temps par rapport au cordon.

Illustration Vidéo par Dominqie Boudet:
http://www.youtube.com/watch?v=hR7lj9FNmbc&feature=related







LE MODE DE CULTURE

L’entretien des sols est traditionnel. Les vignes sont labourées de manière à limiter le développement des herbes, essentiellement au printemps pour limiter la concurrence vis à vis de la vigne. Cela permet aussi d’aérer la terre pour y maintenir une bonne activité biologique et conserver des sols vivants. Le maintien d’un peu d’herbe après les vendanges et pendant l'hiver permettra aussi d’y participer tout en améliorant leurs capacités de drainage.
Ces sols sont entretenus par des apports de matière organique, guidés par des analyses de terre.


Au printemps et en été les travaux en vert sont très importants, épamprage au cœur du pied, palissage très soigné, effeuillage et éclaircissage si nécessaire. Ce travail long (et couteux en main d'oeuvre) permet de préserver un bon état sanitaire mais aussi d'assurer une bien meilleure maturation. Cela counstitue une prophylaxie importante pour se préserver des différentes maladies cryptogamiques de façon la plus naturelle qui soit et ainsi de limiter au maximum le nombre de traitements nécessaires.
Concernant la lutte contre les maladies et ravageurs, elle n’est dictée que par l’observation et les informations climatiques, de manière à limiter les traitements au strict nécessaire (2 à 3 en général). Cela permet aussi de réduire la consommation de carburant pour un bilan carbone meilleur et un moindre tassement des sols.
Par ailleurs, le choix des matières actives est conditionné par une volonté de respect des équilibres biologiques de la vigne, de son sol et de son environnement. C'est une lutte respectueuse de l'environnement hors de tout dogme mais avec rigueur et honnêteté intellectuelle. Nous espérons qu'un jour existe une charte et un label qui prennent en compte tous les paramètres écologiques et environnementaux de manière scientifique et non dogmatique, ce qui n'est malheureusement pas le cas pour le moment.

Illustration vidéo de Dominque Boudet:
http://www.youtube.com/watch?v=VyBXPzqPClA&feature=related


NOTE SUR LE RESPECT DE L'ENVIRONNEMENT (en réponse à ceux qui nous demandent pourquoi nous n'avons pas le label "bio")


L’écologie, le respect de l’environnement et de ses équilibres (vie des sols, faune auxiliaire, faune et flore), la limitation des intrants et de la production de CO2 sont pour nous des éléments déterminants dans notre façon de travailler (et au delà dans notre vie quotidienne).
Tous ces paramètres ne sont malheureusement que très peu pris en compte dans la charte « bio ». Vous pouvez tuer vos sols avec du cuivre (métal lourd), traiter beaucoup trop et sans raison (démarche non raisonnée), consommer du gasoil à outrance, tasser vos sols, ne pas respecter votre écosystème, vendanger à la machine… et respecter la charte (1). Une certification « bio » est certes mieux qu’un abus de produits écologiquement toxiques mais ce n’est certainement pas la panacée.

Pour ce qui nous concerne, nous cherchons d’abord à avoir des sols vivants en laissant l’enherbement s’installer naturellement après vendange jusqu’au printemps (labour pendant la période chaude uniquement et le moins possible), cela favorise la vie des sols, limite le ravinement et réduit la consommation de gasoil. Les engrais chimiques sont bannis et seuls des apports de matière organiques sont réalisés avec des produits naturels d’origine végétale (homologués bio). Les travaux en vert dans la vigne sont très importants (besoin important en main d’œuvre pour épamprage méticuleux, palissage, effeuillage…) de façon à limiter la production, favoriser la maturation des raisins et l’expression du terroir mais aussi à obtenir un bon état sanitaire. Cette prophylaxie nous permet de limiter au maximum les traitements grâce à une très bonne aération de la végétation et des grappes. Dans une année normale seuls deux traitements sont réalisés (pour lutter contre l’oïdium, aucun anti-mildiou). Il nous semble que rares sont les propriétés qui vont aussi loin dans cette démarche car elle est très coûteuse en main d’œuvre. Notre espoir serait qu’un label soit créé qui intègre de façon objective et scientifique tous les paramètres liés au respect de l’environnement. Il en a été question lors du grenelle de l’environnement. Nous attendons, en espérant qu’émerge un label écologiquement cohérent le plus rapidement possible.

Nous nous tenons à votre disposition pour tout complément d’information si vous le souhaitez. Nous vous invitons à venir observer sur place notre démarche car le discours est une chose, la pratique en est une autre.


(1). Il faut intégrer qu’un produit dit naturel (il y a quand même de la chimie derrière un sac de bouillie bordelaise ou de soufre) n’est pas forcément moins toxique qu’un produit de synthèse, qui dans de nombreux cas reproduit une molécule présente dans la nature. Elle peut être plus ciblée et respectueuse de la faune auxiliaire, des sols etc… et utilisée à des doses faibles (de l’ordre de g /ha) alors que soufre et cuivre sont appliqués à des doses en kg/ha. Quand elle est plus efficace, elle permettra moins de passages en tracteur. Il y bien sûr un tri à faire dans les produits de synthèse mais on ne peut pas dire que parce qu’ils sont de synthèse ils sont plus toxiques. Le cuivre est un produit très toxique et persistant dans les sols (pendant des décennies). Son utilisation prolongée dans le cadre d’une lutte dite « bio » peut tuer des sols.